En France, les animaux sont en principe protégés par le Code pénal qui condamne les sévices graves ou les actes de cruauté qui leur sont fait. Pourtant, les taureaux sont aujourd’hui toujours privés de cette protection en raison d’une exception introduite au milieu du XXe siècle lorsqu’une « tradition locale ininterrompue » peut être démontrée. Cette anomalie honteuse trahit l’esprit même de la loi et fait fi de la volonté de la grande majorité des citoyens français qui souhaitent l’abolition de la corrida.
Lors d’une corrida à l’espagnole, pratiquée dans quelques dizaines de « villes taurines » du sud de la France, un taureau est poignardé à plusieurs reprises avec diverses armes et malmené pendant environ 20 minutes jusqu’à ce qu’il soit affaibli par la perte de sang et la douleur. Un matador lui enfonce alors son épée à travers le corps, transperçant souvent ses poumons et le laissant se noyer dans son propre sang. Un couteau est utilisé pour lui sectionner la moelle épinière, et sa queue ainsi que ses oreilles peuvent être coupées et conservées comme trophées. Il est ensuite traîné hors de l’arène, et un autre taureau prend sa place.
Bon nombre de ces corridas sont subventionnées par des fonds publics et disparaîtraient tout simplement sans cela. À l’heure où les difficultés économiques pèsent de plus en plus lourdement sur notre système éducatif, et où les services d’urgence peinent à protéger des vies face à des inondations et des incendies de forêt dévastateurs, il est inconcevable que les élus locaux continuent de détourner l’argent précieux des contribuables pour financer le massacre d’animaux au profit du divertissement d’un petit groupe d’aficionados.
Il existe un réel fossé entre l’opinion publique et inaction politique sur la question de la corrida. Un sondage de janvier 2026 (de la Fondation 30 Millions d’Amis réalisé conjointement avec l’Ifop) révèle que 78 % des Français sont favorables à l’interdiction des corridas en France. Cette pratique est d’ailleurs déjà en train de disparaitre dans le pays, et la jurisprudence récente (Pérols en 2025, La Brède en 2026, Palavas-les-Flots en 2026) a même interdit des reprises dans des communes où la tradition a été interrompue, y compris dans des départements dits « taurins ».
Nous vous appelons donc à agir avec détermination pour mettre enfin un terme à cette exception injuste à la loi et veiller à ce que la torture et l’abattage des taureaux lors des corridas ne soient plus tolérés nulle part en France.